Les delices des trains indiens



Quitter la cité d’Haridwar un 23 décembre n’aura pas été une partie de plaisir ! Certes notre départ en train de nuit prévu à 23h50 pour une arrivée à Benarès le 24 décembre à 13h était déjà en soi un beau périple. Mais la réalité a dépassé les pires scénarios que nous pouvions imaginer. 

En effet, plusieurs heures avant le départ nous apprenions que notre train était retardé de 4 heures. Pour s’abriter du froid ,vif à cette époque de l’année, et après un repas qui nous a mené jusqu’à 22h, nous avons dû nous replier tout d’abord dans un restaurant d’hôtel qui nous a chassé poliment à sa fermeture à 23h. Puis nous avons squatté le hall d’un hôtel miteux avant de nous en faire déloger, là aussi poliment, aux alentours de minuit. 

Mais les réjouissances n’étaient pas terminées car nous apprenions que le train était retardé non plus de 4h, mais de 5h. Dépités, nous réservions une chambre dans un hôtel à côté de la gare pour y passer une très courte nuit, 3h30 de sommeil, au chaud, avant de ressortir à 4h15 du matin pour rejoindre notre tant désiré train. Sur les quais de la gare, une foule d’humains emmitouflés dans des couvertures multicolores errait en attendant le même train. Ce dernier était enfin annoncé en gare ; il arrivait de Calcutta et avait enregistré sur son long parcours de plus de 1500 km un retard de ... 12h pour atteindre son terminus, Haridwar.


Comme de coutume en Inde, on ne laisse pas les passagers descendre. Non, on monte dès que le train a stoppé et la cohue est au rdv ! Certains sautent dans le train avant même qu’il se soit arrêté. Quant à l’intérieur des wagons, c’est comme si une bourrasque était passée par là, le train n’ayant pas été encore nettoyé. 

Dans ce joyeux bordel, pas de contrôleur pour s’assurer de nos places et à ce stade nous n’avons qu’une seule place attribuée pour deux réservées! Le contrôleur passera bien une heure plus tard pour constater le problème en promettant de nous trouver nos deux places payées, mais une fois ceci dit, il disparût et nous ne le revîmes que bien plus tard dans la matinée.


A 6h du matin le train était toujours à quai en gare d’Haridwar. Allongés sur notre unique couchette en quinconce, nous devisions sur les possibilités de sortir de ce cauchemar indien : retour sur Delhi, avion pour Benarès, voiture pour Dehradun (le plus proche aéroport à 1h de route) puis avion, aucune porte de sortie n’était exclue. 


Soudain à 6h15, le train démarra avec la lenteur d’un vapeur. 

Nous arrivâmes à Benarès le lundi 24 décembre à 22h20, soit un retard de 10h sur l’horaire initial !


Nous fêterons Noël le 25, c’est mieux. Incredible India ! Et Joyeux Noël !